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04 septembre 2010

Un peu d'histoire ...

Une fois n'est pas coutume, voici un extrait du

Recueil de la Commission
DES
ARTS ET MONUMENTS HISTORIQUES
de la Charente-Inférieure
ET SOCIÉTÉ D'ARCHÉOLOGIE
de Saintes
V* LIVRAISON, TOME XVI
— Janvier 1902

consultable sur internet  (ouvrage détenu par la bibliothèque d'Harward et digitalisé par Google).
 



Par M. EGRETEADD, Instituteur


II n'est pas bien facile de prouver l'origine du nom de la commune.
Cependant, on donne depuis très longtemps dans tout l'ouest de la
Saintongc, le nom de mottes ou mathes à des jardins maraîchers.
Il en est question dans la charte 32 de l'abbaye de Vaux et, selon
toute probabilité, le nom des Mathes vient de ces sortes de jardins
sans clôture qui abondent au pied du coteau sur lequel est édifié ce
bourg et près duquel venaient jadis battre les vagues de l'Océan,
ainsi qu'on peut le constater en examinant les anciennes cartes du
pays d'Arvert. Même du temps de l'ingénieur Masse, l'île des Mathes
était baignée par des marais inondés.


En 1235, Robert de Sableuil, seigneur de Matha, du consentement
de Mathe, son épouse, concède aux religieux de La Couronne le droit
de construire des moulins sur tout l'étang de Barbareu, excepté dans
la partie de l'étang qui est vers les Mathes où il se réserve d'en
construire un '.


La terre des Mathes dépendait de la seigneurie d'Arvert et en subit
toutes les vicissitudes. Les principaux possesseurs de cette terre
furent successivement les seigneurs de Matha, de Mornae, les comtes
d^ Périgord, la maison de Pons, les Villequier, puis encore la maison
de Pons. François d'Epinay, seigneur de Saint-Luc, l'acquit de cette
dernière maison, et son fils, le maréchal de Saint-Luc, la vendit avec
ses dépendances, le 20 novembre 1627, pour la somme de 150,000
livres, au cardinal de Richelieu. A la mort du cardinal, la terre
d'Arvert passa au duc de Richelieu, son légataire universel, et
ensuite aux deux duchesses d'Aiguillon. Ce fut la dernière de ces
duchesses qui la céda à Anne Gombaud de la Croix, dame de Saujon
et d'Arvert par son acquisition. A la fin du xvin siècle, nous la
trouvons aux mains du duc d'Aiguillon, puis enfin au maréchal de


1 Cf. Recueil de la Commission de* Arts, l. XIII, p. 210. — Simples
notes sur la paroisse des Mathes par M. Paul Drilhon.


2 Lételié. Ronce- les- Bains et la Côte Saint ongeaise, p. 12.


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Sénectère. A la Révolution, sa veuve ayant péri sur l'échafaud, ses
biens furent confisqués et vendus comme biens nationaux. Toutefois,
la forêt d'Arvert, Pétang de Bréjat et ses dépendances n'ayant pas
trouvé d'acquéreurs, ces débris d'une immense fortune furent
restitués, après la tourmente révolutionnaire, à son unique héritier,
le marquis de Conflans.


Pendant tout le Moyen-Age et pendant les guerres de religions, il
n'est pas question que Les Mathes aient été le théâtre de quelques
faits de guerre. Cela tient, sans doute, à Pisolement et à l'écartement
dans lequel devait se trouver cette île alors de peu d'étendue.
Cependant l'île des Mathes a dû ôtre habitée par les Celtes, car on
y a trouvé, paraît- il, quelques silex taillés et une pierre funéraire.
Ces objets sont au musée de Saintes.


On trouve dans la commune deux villages nommés le Maine et le
Mainc-Pluchou. Ils sont voisins. Maine, en latin mancio, laisserait
supposer que les Romains avaient fondé quelques établissements en
ces deux endroits.


On chercherait vainement aujourd'hui remplacement de l'ancien
château que les seigneurs d'Arvert possédaient aux Mathes. Quand
il plaisait au seigneur baron d'Arvert d'être avec sa famille en son
château des Mathes, ses vassaux, les seigneurs de Chassagne et de
Beauregard, lui devaient comme hommage deux éperons dorés et six
semaines d'otage l . Les seigneurs de Sourdonnet et du Val des
Mathes étaient aussi vassaux du baron d'Arvert. En 1639, le
seigneur du Val des Mathes était Jehan Guillem, écuyer, sieur de
Piton, capitaine major au régiment de « M. de Ponant », puis
commandant pour le roi à Leucate. Il était marié à Andrée de
Loubert *. Nous ne connaissons aucun seigneur de Sourdonnet et
encore moins l'emplacement du logis quils habitaient.
.../...
L'Étang de Barbareu


Autrefois, on appelait étang de Barbareu la partie du territoire
de la commune des Mathcs qui entoure le coteau sur lequel se trouve
le chef-lieu de celte commune. Cet étang joignait l'ancienne forêt de
Salis ou Saliz. Il est aujourd'hui desséché et forme une vaste
étendue connue en partie sous le nom de marais de Saint-Augustin,
bien que la plus grande portion se trouve dans la commune des
Mathes. Il joignait aussi le marais d'Aiguedoux qui en était une
ramification. Les sables ont complètement fait disparaître ce dernier.


C'était le canal de Brejat qui jetait à la mer les eaux de ces
marais ou étangs qui communiquaient entre eux par des riveaux
dont on chercherait aujourd'hui vainement la trace. Il y avait jadis
un autre rivcau : celui de Barbareu qui faisait communiquer l'étang
de ce nom à Bonne-Anse, ce qui ferait croire que l'étang de Barbareu
était une dépendance de la mer. Certains auteurs disent même que
des navires du nord fréquentaient le port Paradis. Ce qu'il y a de
certain, en tout cas, c'est qu'on a trouvé dans l'étang de Barbareu
et près du coteau des Mathes des ancres et des coques de navires.


Au xu e siècle, on creusa un canal pour faciliter l'écoulement des
eaux au nord. C'est celui de La Tremblade qui existe encore
aujourd'hui. Un autre, qu'on pourrait en quelque sorte considérer
comme son prolongement, dessèche le marais de Saint- Augustin au
sud est : c'est le canal de Chaillevette ou de La Maire.


C'est à l'est du vaste étang de Barbareu que se trouvait Notre-
Dame-de-1'Islc, maintenant transportée à Etaules. Près de là se
trouve, sur un coteau, le modeste hameau de Paradis, au pied
duquel il y avait autrefois, dit-on, un port très fréquenté.


On trouve dans cet étang, aujourd'hui marais, une espèce de
tortue d'eau douce très commune. Il y en a surtout beaucoup dans
les trous qui sont aux environs de la Passe-à-Joly.


Par une charte de 1226, Geoffroy Martel, fils de Gombaud,
seigneur de Mornac, du consentement de sa femme et de ses deux
fils, Foulques et Robert, fit abandon aux religieux de l'abbaye de
La Couronne du fossé du Petit-Pont, avec faculté de construire des
moulins à blé et à drap, avec prise d'eau dans l'étang de Barbareu '.


i Ronce-les- Bains par Lélelié, page 12.




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Neuf ans plus tard (1235), Robert de Sableuil, seigneur île Matha et
probablement fils de Geoffroy Martel, concède à la raèrac abbaye le
droit de construire plusieurs moulins sur tout l'étang de Barbareu •.
Cependant il se réservait pour lui le droit d'en construire un dans la
partie de l'étang voisine des Mathes.


Au temps de Masse, 1 étang de Barbareu se composait de marais
qui n'asséchaient pas. Aujourd'hui, une partie de l'étang est couvert
de vignobles et de mottes ou mathes très productifs. L'autre partie,
desséchée par de nombreux fossés qui se déversent dans le canal de
La Maire, forme d'assez bons pâturages où se nourrissent, une
assez grande partie de l'année, de nombreux bestiaux appartenant
tant aux habitants des Mathes qu'à ceux des communes voisines.
Vers le milieu du xvi* siècle, une grande partie de l'étang de
Barbareu appartenait à Jehan Guillera, sieur de Piton et du dit Val
et capitaine major au régiment de M. de Ponant (sic) '.


II paraîtrait que jadis il y avait un château aux Mathes qui
appartenait aux seigneurs d'Arvert mais qu'ils n'y résidaient pas.
On n'en trouve aucune trace. Cependant il y a tout lieu de croire
qu'il devait se trouver aux environs du Grand-Logis et peut-être
même sur son emplacement.
.../...

VILLAGES, HAMEAUX ET FERMES


{Notes historiques sur ces différents noms)
Le Bourg. — C'est dans le bourg que se trouve la plus grande
agglomération de la population. Son aspect est fort agréable. Le
centre du bourg se trouve dans un petit vallon au milieu du plateau
sur lequel il est établi. Les maisons sont presque toutes coquettes et
bien tenues. L'air y est pur et les maladies êpidémiques inconnues.
Cela tient à la proximité de la forôt, en majeure partie composée de
pins. C'est à cette cause, sans doute, qu'on doit attribuer les cas
fort rares de maladies.


Bien que les maisons soient proprement tenues, bien que rien
ne soit négligé pour la conservation des bâtiments de servitude,
certaines parties du bourg sont néanmoins fort incommodées par
les termites (termes destructeur). On ne peut se figurer combien ces
fourmis blanches qui nous viennent tant d'Afrique que des autres
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pays chauds, causent de dommages considérables. Elles creusent
des galeries dans le bois, laissant seul l'extérieur comme une
coquille vide. On a employé divers moyens pour s'en débarrasser,
mais jusqu'à présent on n'a pas réussi.


Les termites ont été introduites en France par les ports de
La Rochelle, Rochefort, Tonnay-Charente, etc. S'il y en a aux
Mathes, elles proviennent sans doute des épaves des navires échoués
à la côte et achetés par des personnes du bourg. Les termites font
sournoisement leur travail et j'ai ouï dire qu'aux Mathes des rtiaisons
se sont écroulées sans qu'aucun indice ait pu donner l'éveil.


Le Moulin. — Ce village doit son nom à un moulin à vent, le
seul existant dans la commune et qui, maintenant, no fonctionne
plus. Il figure comme point de repère sur les cartes de l'état-major.


Le Maine, Le Maine- Pluchou. (Maine en français, mancio en
latin). — Ces deux villages devaient être certainement occupés
autrefois par des établissements romains ou tout au moins du
Moyen-Age.


Sourdonnet. — Il existait jadis dans cet endroit un fief qui
appartenait à un seigneur particulier, vassal de celui d'Arvert. Il en
était de même de Cravans.


Bonne-Anse. — C'est tout simplement l'endroit occupé par le
sémaphore, endroit qui tire son nom de la partie de mer qui baigne
cette côte. Le sémaphore sert de limite entre la commune des
Mathes et celle de La Tremblade. C'est là que se trouve la fameuse
tour de pierre dont il sera parlé plus loin.


Brejat et son ancien étang. — L'ancien étang de Brejat,
aujourd'hui rendu à l'agriculture, appartient à MM. Bellot et Lecocq
qui y ont établi plusieurs fermes autres que celles qui existaient
autrefois. Voici actuellement les noms de ces fermes : Tournegand,
La Mélanie, La Gabrielle, La Joséphine, et la maison de maître
occupée par M. Bellot, La villa Antoinette. Dans ce dernier endroit
existait autrefois une résinerie fondée en mai 1840 par M. Dubernard
et qui fut incendiée sans qu'on ait jamais su pour quelle cause. Elle
fut reconstruite. On y fabriquait de la résine, de l'huile de
térébenthine et autres produits résineux.


L'Étang de Brejat


C'est sur le territoire de la commune des Mathes que se trouve


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l'étang de Brejat. Le plus ancien titre que nous connaissons
concernant cet étang, date de 1238. A cette époque, Robert de
Sableuil, seigneur de Matha, concède aux religieux de La Garde tout
le marais de Brajard (Brajardo, Brejat), à l'exception des marais
des moines de Cluny et du sieur Alard de Forât. C'est à la pointe
occidentale de la forêt d'Arvert qu'est situé ce marais ou étang,
aujourd'hui bien transformé.


Vers 1650 environ, les paroissiens des Malhes et de Dirée,
paroisse voisine qui dépend aujourd'hui delà communauté d'Arvert,
faisaient pacager leurs bestiaux dans le marais de Brejat. Les
fermiers leur contestant ce droit, citèrent les habitants devant le
juge de la baronnie afin que chacun d'eux fût condamné à cent
livres d'amende. Le magistrat renvoya les parties à se pourvoir où
il leur semblerait bon. Le duc de Richelieu qui était alors
propriétaire de la baronnie d'Arvert, les fit comparaître à Rochefort.
On ne sait le résultat qui fut obtenu par les habitants au sujet de
ce droit contesté qu'ils possédaient depuis plus de cinq cents ans.


En 1794, l'étang de Brejat appartenant à M me la maréchale
d'Armentières, condamnée à mort par le tribunal révolutionnaire
de Paris, fut confisqué et devint propriété nationale. D'autres de
ses biens, tels que Bourrefart, la cabane des Etaings et la garenne
des Mathes furent vendus comme biens nationaux : Bourrefart et
Les Etaings à M. Jean-Jacques Gabion, d'Etaules ; le tout pour
70,700 livres (il y avait 900 journaux de propriété). La garenne des
Mathes qui ne contenait seulement que 112 journaux, fut acquise
par MM. Dugas et Bernelot pour la somme de 242.900 livres.


Mais revenons à l'étang de Brejat.


Vers 1815, voici quel aspect avait cet étang : la partie couverte
d'eau en été pouvait avoir un tiers de lieue de diamètre. La forêt qui
le joignait dans la partie sud et qui le joint encore y avait fait
beaucoup d'accrues ainsi que dans les parties de l'est, nord et nord-
ouest. Les alentours étaient très étendus et produisaient une herbe
qui n'était pas des plus nourrissantes. Il y avait aussi beaucoup de
joncs et d'ajoncs.


C'est en 1817 que le marquis de Conflans, alors propriétaire de
l'immense forêt d'Arvert, débris de celle de Salis, entreprit de faire
dessécher ce vaste étang et de jouir de l'exemption d'impôts
prononcée en pareil cas par la loi du 3 frimaire an VII. A cette


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époque, l'étang de Brejat contenait à peu près, avec ses dépendances,
250 hectares. La majeure partie en était constamment submergée
depuis un temps immémorial. II n'y avait que les bordures qui se
desséchaient naturellement pendant la belle saison mais ne produi-
saient que peu d'herbes de très mauvaise qualité qui n'offraient
qu'une maigre nourriture aux animaux qu'on y renvoyait pacager
moyennant une certaine redevance au propriétaire.


Il existait anciennement deux petits ruisseaux imparfaitement
entretenus qui rendaient bien quelques services mais pas en rapport
avec tout ce qu'on pouvait espérer d'eux, en raison de leur mauvais
entretien. Sans attendre d'autorisation ferme, le marquis de
Conflans flt commencer immédiatement les travaux projetés, ce qui
donna lieu à des plaintes injustifiées.


Le 3 octobre 1817, le sous-préfet de Marennes signalait au maire
une lettre du 27 septembre qui l'informait qu'on avait ouvert un
canal sur la plage de Bonne-Anse et que l'ouverture de ce canal
pourrait peut-être permettre le retour de la mer; que l'ouverture
de ce canal avait été faite irrégulièrement, attendu que les dunes par
leur importance et en vertu de très anciennes ordonnances étaient
soumises à un mode très sévère de conservation. M. de Conflans
était menacé môme d'une très forte amende. Le maire des Mathes
se rendit sur les lieux avec son conseil et dans sa réponse au sous-
préfet il fît remarquer à cet administrateur que les plaintes qui
avaient été portées, étaient mal fondées et non recevables, attendu
qu'au lieu de creuser un nouveau canal, le marquis de Conflans
s'était borné tout simplement à faire réparer les deux anciens
ruisseaux existants dont le mauvais entretien lui causait des
dommages considérables et que les travaux exécutés amélioraient
considérablement un marais dans lequel les habitants des Mathes
menaient paître leurs bestiaux moyennant une modique indemnité;
et le maire ajoutait qu'il donnait l'assurance au sous-préfet que le
fond des ruisseaux qui traversent les dunes, est trop élevé pour
recevoir les eaux de la mer, môme dans les plus fortes marées.
« C'est donc sans fondement, dit-il, qu'on a cherché à persuader à
M. le préfet de prendre des mesures administratives contre des
travaux qui, au lieu de produire des inconvénients imaginaires,
n'ont amené que de superbes résultats. »
Aujourd'hui, l'étang de Brejat a complètement disparu et a été


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rendu presque tout entier à l'agriculture. Là où s'étendaient jadis de
vastes terrains souvent immergés et sans aucun profit, on admire
maintenant de superbes vignobles qui font l'admiration des nom-
breux touristes qui se rendent à la plage des Mathes à qui est
réservé, sans doute, un brillant avenir, surtout si le projet de
construction du prolongement du tramway de Royan à la Grande-
Côte, passant par Les Mathes et Arvert, s'accomplit.


Si on considère le peu de largeur de la bande de terre, factice en
partie, qui unit le massif des dunes de Saint-Pallais et de Saint-
Augustin avec le massif de La Coubre, il est facile de voir qu'autrefois
la mer communiquait avec l'étang. En 1400 environ, le canal de
Brejat et l'étang servaient de refuge aux navires fréquentant la
Gironde, ainsi que le témoigne une enquête de 1498, relative à la
délimitation de la terre d'Arvert, dans laquelle il est dit que les
anciens se souvenaient avoir vu « la dite anse et le riveau en leur
estre ancien par avant qu'ils fussent remplis de sable et dict que par
le dict riveau les navires de la Gironde entraient dans la dite anse
qui était fort profonde, large et spacieuse, et en laquelle se retiraient
les navires par malice du temps et de tormente, et y ai veu, lui qui
parle, plusieurs fois durant la malice du temps et y ai pesché
du poisson. »


L'ancien canal de Brejat, dit aussi canal de la Grande-Anse de La
Coubre, allait mourir vis-à-vis la Barre-à-1'Anglais. Ce dernier
écoulement n'existe plus aujourd'hui car il vient se perdre près la
plage des Mathes en face Bagatelle.


Jusqu'au xv e siècle, notre étang de Brejat fut accessible aux
bateaux de pêche; mais il finit peu à peu par se changer en bas-
fonds et la navigation en devint tellement difficile qu'il fut
complètement abandonné. Quand la mer était mauvaise, c'était un
abri très sûr pour les navigateurs de la Gironde. On trouve encore
en Brejat une espèce de tortue d'eau douce très commune. Il y a
aussi, dit-on, beaucoup de poissons mais la chair n'est pas de
bonne qualité.


Au mois d'août 1751, le duc de Richelieu, seigneur d'Arvert,
afferma pour neuf années à Jacques Rivière et Daniel Chaillé, sieur
de La Touche, tous les pacages et terrains vagues situés au couchant
de Brejat. ainsi que les landes de Tournegand, du Ranquin et les
sartières de l'étang de Buse, toutes dépendant plus ou moins de


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l'étang de Brejat Etaient aussi affermés le droit de pèche dans
Tétang de Brejat et celui de Buse \


Le 17 octobre 1760, ce bail fut renouvelé en faveur de Jean-Isaac
Taupier, bourgeois à La Tremblade, qui le céda le 10 septembre 1762
à Pierre- Jacques Ranson, marchand à Rochefort, rue Martrou. Avec
ce dernier, le maréchal de Sénectère prit l'engagement de faire
construire deux cabanes ou granges pour recevoir au besoin des
cabaniers et cent têtes de bétail chacune.


C'est près de l'étang de Buse que se trouvait autrefois un centre
important de population aujourd'hui disparu sous l'envahissement
des sables. Une dune élevée porte encore aujourd'hui le nom de
Terrier-de-la-Chapelle. C'est peut-être là que se trouvait autrefois
Notre-Dame-de-Buse. C'est en vain que de nos jours on en
chercherait les traces sur cette côte qui, sous l'action des sables,
a subi de si grandes transformations; il existait anciennement
plusieurs monuments religieux, tels que le prieuré de Notre-Dame-
de-Coux, ordre de saint Benoît, Notre-Dame-des-Oulmes, ordre de
saint Augustin, paroisse de Dirée; le prieuré de Saint-Nicolas-de-
Ruaux en Arvert et Notre-Dame-de-Riu. Dans la commune des
Mathes, en suivant la voie forestière qui, de Saint-Pallais, se dirige
sur la plage des Mathes, La Coubre, Le Pavillon, etc., on trouve, un
peu avant La Coubre, une dune élevée appelée, comme nous l'avons
dit tout à l'heure, Terrier-de la-Chapelle, sur laquelle on voyait jadis
et même encore des débris disséminés de construction, pierres et
briques, qui sont peut-être les derniers vestiges dont parlent en
1565 Elie Vinet, dans V Antiquité de Bordeaux, et, en 1715, l'ingé-
nieur Claude Masse dans son mémoire géographique sur le pays
d'Aunis et Saintonge.


« Je vis entre autres choses, dit le premier, une forest déjà la
« plupart couverte de sable, et visines aussi plus près de la mer, au
« milieu de ces grandes montagnes de sable, des maisons que les
« gens du pays n'avaient onques veiies... et approchant plus près,
« arrivâmes à la cime du mont qui de loin nous descouvrait quelque
« clocher. Là nous trouvasmes un temple dedans lequel il nous fut
« aisé d'entrer par là où avait été autrefois le toit. »
« J'ai remarqué en divers lieux, écrit à son tour l'ingénieur


i Minutes Gardrat à La Tremblade.




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(( Masse, des vestiges de villages que le sable couvre de temps h
(( autre. J'y vis les vestiges d'une église que l'on dit avoir été
« proche de la pointe de La Coubre. Elle s'appelle Notre-Damc-
« de-Buse. »


Il était de tradition aux époques dont nous venons de parler, qu'il
existait autrefois le long de cette côte désolée trois ou quatre
paroisses recouvertes aujourd'hui par les sables, ainsi qu'une ville
très importante, Ensogne ou Ensoine, dont l'emplacement n'est pas
bien déterminé. Les uns la placent près de La Tremblade et les
autres vers Terre-Nègre, aux environs des Combots. Ces derniers
s'appuient sur un titre de 1744, par lequel le duc de Montmorency,
marquis de Royan, cède tin terrain inculte et couvert de sable
appelé vulgairement Ensoine. Or, ce ne pouvait être aux environs
de La Tremblade, attendu que cette localité dépendait de la
baronnie d'Arvert, tandis que la paroisse de Saint-Pallais faisait
partie du marquisat de Royan \


La Baraque. — MM. Jourdan et Arnault, copropriétaires en 1861
du domaine d'Arvert, autrement dit la forêt et ses dépendances,
établirent en cet endroit une scierie mécanique qui n'existe plus.
C'est aujourd'hui la demeure de M. Lecoq qui m'a assuré que
lorsqu'on a démoli d'anciens bâtiments pour reconstruire la maison
actuelle on a trouvé des fûts de colonnes qui, peut-être, venaient des
débris disséminés sur le Terrier-de-laChapelle, autrement dit
Notre-Dame-de-Buse.


La Palmyre, groupe de maisons forestières, sur la route de la
plage des Mathes à Saint-Pallais. En face, dans l'intérieur de la
forêt, s'élève le phare du même nom qui ne fonctionne plus depuis
que le déplacement des passes de la Gironde a nécessité la
construction de celui de La Coubre dont la puissance est bien plus
grande et qui a remplacé un autre phare en bois de moyenne
grandeur.


Montsoucy ou Monsoucy, cabane ou ferme appartenant à M. Gar-
nier, député, se trouve sur la lisière nord de la forêt entre cette
dernière et le bourg. Outre ses dépendances, situées sur une partie
de l'ancien étang de Barbareu, elle comprend aussi une certaine


- 23 -


étendue de dunes cédées par l'Etat à condition d'être livrée à la
culture ou ensemencée en pins.


La Passe-a-Joly, village aussi sur la lisière de la forêt,
briqueterie appartenant à M. Marchand, de Montendre. Non loin
de là mais dans la forêt, MM. Peyri et D.^russat, anciens possesseurs
du domaine d'Arvert, en avaient établi une qui donna lieu à
quelques contestations entre ces derniers et les usagers.


La Garenne, village situé au flanc du coteau sur lequel se trouve
cet ancien bois et que les vagues de la mer venaient autrefois
lécher, dit-on. A peu de distance se trouve le Logis du Vivier,
construit non loin de la pièce d'eau d'où il tire son nom.


La Garenne des Mathes


Avant la Révolution, cette garenne appartenait aux seigneurs de
la baronnie d'Arvert. Le 8 août 1751, le duc de Richelieu, seigneur
d'Arvert, afferme pour neuf années à Jacques Rivière et Daniel
Chaillé, sieur de La Touche, bourgeois, divers terrains, entre autres
les bois taillis et pins de la garenne.


Au moment de la tourmente révolutionnaire, elle appartenait à
M m0 la duchesse d'Armentiêres qui périt sur l'échafaud à Paris. Sur
réquisition de l'agent national, ses biens furent estimés et vendus au
profit de la République, moins toutefois la forêt et Brejat qui
ne trouvèrent pas d'acquéreurs et qui, plus tard, par cette raison,
revinrent à l'unique héritier de M m ' d'Armentières, le marquis de
Conflans. Avant que ces biens furent mis en vente, le conseil général
de la commune nomma, le 1 er pluviôse an II, les sieurs Michel Roy,
Jean Nivcrt et Nicolas Merlet, gardes de la garenne et de la forêt.
L'année suivante, les deux derniers furent remplacé* par Jean Lortie.
Cette garenne qui comprenait 112 journaux fut acquise, lors de
la vente, pour 242,900 livres par MM. Dugas et Beinelot. La mise à
prix avait été de 87,750 livres. Le prix de cette vente qui paraît
fabuleux, ne l'est cependant pas si l'on considère que les acquéreurs
de biens nationaux trouvaient dans ces sortes d'acquisitions un
excellent moyen de se défaire de leurs assignats complètement
dépréciés.


Aujourd'hui la garenne est entre les mains de plusieurs proprié-
taires.


Cette garenne, ainsi que là forêt d'Arvert, renfermait autrefois




- 24 -


beaucoup de loups, de blaireaux et de renards. Les premiers ont
disparu. Ils étaient si nombreux que le 23 ventôse an IX, le sous-
préfet de Marennes envoyait uno circulaire au maire dans laquelle il
invitait ce magistrat à ne rien négliger pour détruire et mettre en
fuite ces animaux dangereux qui infestaient la commune et les
communes voisines. En décembre 1817, le sieur Boursault reçut une
prime de 15 fr. pour avoir détruit une louve. En 1824, les loup3
pullulaient encore et causaient beaucoup de dégâts au bétail.
Plusieurs personnes en virent même dans le jour au nombre de
trois et quatre, et dans la nuit ils parcouraient les cabanes et
venaient même jusque dans le bourg. C'est pour ces raisons que,
dans ce même mois, le sous-préfet autorisait les habitants à faire
une battue pour détruire les animaux malfaisants.


Le 27 septembre de Tannée suivante, une louve fut détruite par le
sieur Legrand. En 1830, il y en avait encore, car une demande fut
faite par des particuliers pour exercer une battue afin de détruire
les loups qui infestaient la forêt d'Arvert.


En 1864, le préfet autorisa le docteur Choloux à faire une battue
aux renards.


Aujourd'hui, il n'y a pas de loups, mais il y a encore quelques
blaireaux et beaucoup de renards qui sont chassés par des gardes
particuliers.


Tout près de la garenne se trouvent le village du Breuil en face
le Grand -Logis qui appartient aujourd'hui à M. Allairequi Ta acquis
de M. Dupuy, ancien préfet du Puy-de-Dôme.


Les villages de La Garenne, du Vivier et du Breuil, rappellent à
ne pas s'y tromper des souvenirs du Moyen-Age, et c'est probable-
ment où est maintenant le Grand-Logis que se trouvait jadis
l'ancien château des Mathes dont il est question ailleurs. Dans
d'anciens titres, le Grand-Logis s'appelle le Grand-Logis-de-
Monplaisir. Il y en a qui disent que le duc de Richelieu l'avait fait
construire pour en faire un rendez-vous de chasse. Les anciennes
constructions ont depuis cinq ou six ans en partie disparu pour faire
place à un édifice bien plus élégant, construit il y a cinq ou six ans.
Il ne reste de l'ancien logis que quelques bâtiments de servitude.


En 1815, le roi Joseph, frère de Napoléon I er , vint au Grand-Logis
ainsi que le prouve la lettre ci-dessous que M. Allaire a bien voulu
me communiquer :


— 25 —


« Vous m'avez demandé quelques détails au sujet du passage du
« roi Joseph par Rochefort et de son départ pour les Etats-Unis ; je
« m'empresse de vous les envoyer. Quoique bien jeune alors, je me
a rappelle parfaitement ce qui s'est passé scus mes yeux.


« Lors de l'arrivée de l'empereur à Roôhefort, plusieurs personnages
u qui l'avaient suivi ou étaient venus le joindre, vinrent chez mon
« père : je me rappelle en avoir vu dans son cabinet. Mon père
« possédait en commun avec mon oncle de Bordeaux la propriété
« des Mathes près La Tremblade, dont il dirigeait seul l'exploitation.
« Il y avait mis pour régisseur un ancien marin, nommé Follet, qui
« avait commandé longtemps un corsaire appartenant à mon père
« et qui lui était entièrement dévoué. Il chargea mon frère Edouard
« d'y conduire le roi Joseph qui y a séjourné jusqu'à ce qu'on ait
« fait venir un navire pour le prendre.


« Mon père chargea mon oncle de Bordeaux de fréter un navire
« pour les Etats-Unis sans lui faire connaître, bien entendu, qui
« devait s'embarquer dessus. A cette époque, le haut commerce de
« Bordeaux était complètement dévoué au gouvernement des
« Bourbons ; mon oncle et sa famille partageaient cette opinion au
a plus haut degré et le navire n'aurait pas été procuré si le but
« avait été indiqué : cela aurait d'ailleurs fait peser une grande
« responsabilité. Mon frère Edouard est resté avec le roi Joseph qui
« s'est embarqué à Royan sur le navire aussitôt son arrivée.


« Signé : Adolphe Pelletreau. m


Nota : Lettre écrite par Adolphe Pelletreau à mon père Henri
Pelletreau ».


L'Ilot et la Porte-au-Broc sont deux cabanes situées sur l'ancien
étang de Barbareu. Au commencement de ce siècle, elles apparte-
naient à M. de Beaupine. Plus tard, ce dernier vendit la cabane de
L'Ilot à M. Bureau et celle de Porte-au-Broc échut à sa fille, M 1,e de
Beaupine. Cette dernière cabane passa ensuite à M. de Beaupréau.
Elle appartient aujourd'hui à la famille Erable. La famille de
Beaupine habitait La Tremblade.


Le 21 janvier 1737, Marguerite Saulnier de Beaupine, épouse de


1 Voir Reoue de Saintonge et d'Aunis, t. XX, page 439, et t. XXI,
page 125.


-26-


messire Henri de Jaubcrt, seigneur de Bazas, fut inhumée dans
l'église do La Tremblade entre la chaire et le confessionnal.


La Sablière. — Ce village joint le bourg des Mathes et se trouve
en bordure de La Garenne. Il est traversé par la route des Mathes
à Saint-Augustin. On y montre une vieille maison de très modeste
apparence et qui ne se distingue des autres que par une porte
constellée de gros clous. C'est là, dit-on, que naquit Cosme Béchet,
le fameux auteur de VUtance de Saintonge.


Elisée Béchet, notaire royal, fut parrain aux Mathes le 1 er avril
1696 et le 6 février 1725. Ce dernier, notaire et procureur fiscal de
Beauregard, avait deux frères et une sœur :


1° Pierre-Elisée Béchet qui fut aussi parrain aux Mathes le
25 novembre 1707 ;


2° Elie Béchet qui épousa le 25 novembre 1706, dans l'église de
Mortagne- sur-Gironde, demoiselle Lydie Raoul, de la paroisse de
Meschers ;


3° Marthe Béchet, fille de Elisée Béchet et de Françoise Robert,
née le 22 décembre 1701 et baptisée le 2 janvier de Tannée suivante.
Elle eut pour parrain M. Cosme Béchet, prêtre, docteur en théologie
à La Tremblade, et pour marraine, Marguerite Lortie, des Mathes.
Elle épousa François-Daniel Chaillé, sieur de La Touche, dont elle
eut un fils, François, né le 6 avril 1726 et baptisé le 9 du même
mois. Le parrain fut le grand-père, Elisée Béchet.


Cosme Béchet, le grand jurisconsulte, habitait Paris en 1617 car,
cette année même, les habitants de Marennes étaient requis de se
joindre à ceux d'Arvert pour produire les titres justificatifs do leurs
privilèges et abonnement et ils étaient tenus, s'ils aimaient mieux,
de les adresser à M. Cosme Béchet, avocat au Parlement à Paris,
demeurant en la rue des Carmes au logis où pend pour enseigne
« La Trinitté » \


Le fils de Cosme Béchet, avocat au Parlement de Bordeaux, fut
deux fois maire de Saintes, de 1662 à 1664 et de 1673 à 1675.
La famille Béchet était très répandue dans le canton de La Tremblade.

La Forêt d'Arvert


Cette forêt porte ce nom depuis un temps immémorial bien qu'elle
soit en grande partie située dans les communes des Mathes, Saint-


1 Cf. Lélelié. Ronce-les- Bains et la Côte saintongeaise.


— 27 -


Augustin et La Tremblade. On l'a sans cloute presque toujours
appelé ainsi parce que depuis le Moyen- Age elle a fait partie des
terres de la baronnie d'Arvert. C'est un démembrement de l'ancienne
forêt de Salis qui couvrait une très vaste étendue et qui était jadis
traversée en partie par une voie romaine : celle de Novioregiura au
Sinus Aquitanicus, passant par Médis, Saint-Sulpice, Breuillet,
d'où elle se dirigeait dans la forêt à la hauteur de Saint-Augustin \
Là on perd sa trace : les sables l'ayant ensevelie. Elle devait
certainement passer devant Les Combots, endroit où on trouve des
pans de murs et autres ruines romaines, ainsi que plusieurs dolmens
ou tombelles. On dit que c'est dans cette partie de la forêt d'Arvert
qu'un général romain, Messala, livra, aux révoltés gaulois, la
fameuse bataille dont parle le poëtc Tibulle qui était parmi les
combattants ou tout au moins témoin.


En 988, Eudes de Champagne concéda par une charte au monastère
de Saint-Jean-d'Angély sa forêt d'Arvert en Aunis. Plus tard,
l'abbesse de Saintes y eut aussi le droit d'y prendre des oiseaux, d'y
récolter du gland autant que pouvaient en ramasser douze hommes
en un jour et aussi d'y faire paître mille porcs. Il y a maintenant
peu de chêne : le pin domine. Ce dernier est débité en bois
d'industrie comprenant des pieux de moules, des poteaux de mine,
des traverses, des planches, ainsi qu'en bois de feu : bûches et
fagots. Le bois de chauffage se consomme aux Mathes et dans les
localités voisines et les bois d'œuvre s'écoulent par le port de La
Tremblade et la gare d'Arvert.


Autrefois, les seigneurs de Chassagne avaient le droit d'usage et
de pacage dans la forêt de Salis, ainsi qu'il résulte d'un hommage
rendu le 23 décembre 1362, par Jehan Vidault, seigneur de
Chassagne, au comte de Périgord, seigneur d'Arvert. Ce droit
existait encore au commencement du xvin siècle et même à la fin,
puisqu'en 1700 un de Bremond, seigneur de Chassagne, avait le
droit de prendre annuellement, pour le chauffage de son hôtel,
1,600 bûches en hêtre, chêne et pin et de faire pacager deux truies
et leur suite de deux ans, au nombre de vingt-six pourceaux, ainsi
que le droit de chasse, non-seulement dans la forêt mais aussi dans
toute l'étendue de la baronnie '.


i Voir carte de l'abbé Lacurie.


2 Ronce-les- Bains par Lételié, p. 44.


-28 -


Le 24 février 1578, le sire de Pons, baron d'Arvert, autorisa, par
une transaction, les habitants des communes d'Arvert, La Tremblade,
Les Mathes et Etaules, d'enlever dans la forêt du bois mort et du
mort bois, moyennant une redevance de 15 sols par feu.


Cette décision donna lieu à bien des procès dont les derniers ne
se sont terminés que depuis quelques années à l'avantage de tout le
monde.
...
Bonne lecture.

03 septembre 2010

Polémique autour des zones humides

Une fois de plus, Monsieur le Maire s'en prend aux écologistes dans son bulletin municipal de Juin 2010.
Cette fois-ci il réagit à une lettre parue dans la presse signée du vice-président du marais doux de la Tremblade, marais qui a la malencontreuse idée de jouxter les Mathes.
 XYNTHIA : À QUELQUES CENTIMÈTRES PRÈS… DE LA SOTTISE !

Communiqué de la Commune des Mathes-la Palmyre

Tribune Libre suite à l’article paru dans le Littoral du 12 mars 2010


« Les abrutis osent tout et c’est à cela qu’on les reconnaît ! ». On ne peut s’empêcher de paraphraser Michel Audiard et sa célébrissime formule quand on prend connaissance de cette déclaration signée par M. Charles, Vice-Président de l’A.S.C.O., coutumier des déclarations urbi et orbi.

En effet, la Commune des Mathes est régulièrement visée et d’une façon totalement diffamatoire car les nouvelles affirmations de cet individu, parues dans le littoral du 12 mars 2010, sont absolument inexactes.

Affirmer que les zones humides ne sont pas cartographiées qui plus est « on peut construire dans l’eau aux Mathes » est d’une telle incongruité que cela disqualifie, s’il en était besoin, l’auteur de ce propos. Et comme si cela n’était pas suffisant, l’affirmation gratuite et totalement fausse « à quelques centimètres… la montée des eaux due à Xynthia n’a pas eu de conséquences à la Palmyre où elle s’est arrêtée derrière la capitainerie évitant la submersion de centaines de résidences jouxtant le port » : on frise le délire !
M. Charles, le vice-président de cette association et fondamentaliste radical des roseaux, n’hésite pas à faire des raccourcis pour appuyer son argumentation en assimilant zone humide et zone inondable ou submersible. Il est rappelé que la Commune des Mathes, que ce soit lors de la tempête du 27 décembre 1999 ou de la tempête Xynthia du 28 février 2010, n’a eu à déplorer aucune inondation de maisons individuelles ou d’équipements publics ni sur son littoral, ni dans les parties les plus basses de son territoire, et ce malgré les propos mensongers que se complaît à colporter ce vice-président.
La vérité est la suivante : la Commune des Mathes-la Palmyre :
- n’a eu à subir AUCUNE INONDATION chez les particuliers,
- n’a eu, et c’est heureux, que des dégâts au niveau de sa défense de côte et de la voirie qui chemine le long de la « Promenade des 2 phares » et de la voirie de l’esplanade de la base nautique,
- n’a eu qu’un léger affaissement de la digue du port qui a nécessité le repositionnement de certains blocs (en attendant des travaux de renforcement prévus avec la collaboration des services départementaux et déjà programmés depuis l’automne dernier à cet endroit, et à la hauteur de la plage des Pins de Cordouan).
En résumé, la Commune a certes subi des dégâts sur sa défense de côte et sa voirie, estimés à 1 M€, mais n’a eu à déplorer aucun dommage chez les privés.
C’est à se demander si l’individu rédacteur de cette tribune et indirectement son association, n’auraient pas souhaité la destruction de la station ? Mais tel n’a pas été le cas. Comme d’ailleurs en 1999 où les dégâts ont été limités et réparés avec une grande célérité. Là encore, lors des travaux d’élaboration du Plan de Prévention des Risques Naturels à partir de 2001, il s’est trouvé un cabinet d’études de la Rochelle pour affirmer haut et fort devant
le sous-préfet du moment, contre toute évidence, que le centre de la Palmyre avait été complètement inondé ! Cette Commune suscite tellement de jalousie que l’on a la fâcheuse tendance à l’instrumentaliser à des fins obscures (ou peut-être très évidentes) ça commence à bien faire !
Notre réactivité, bon sens, soin pour l’entretien des biens communaux, propreté, fleurissement, parfait équilibre entre l’espace naturel et une urbanisation maîtrisée (d’ailleurs les possibilités de construction sur la station de la Palmyre n’existent quasiment plus), art de vivre et implication de la Municipalité et des services communaux, etc., ne font guère plaisir aux médiocres et aux envieux ce qui explique les attaques venant de certains milieux et lobbys qui ne cessent de se développer ces derniers mois.

Pour en finir avec Xynthia, nous avons naïvement cru comprendre que d’autres Communes de la presqu’île avaient été durement frappées (nous partageons leurs difficultés et leur apportons notre soutien) mais là encore, M. Charles pense que c’est nous qui avons frôlé la catastrophe alors que d’autres ont subi des dommages certains chez les particuliers et les professionnels.
Pour l’information de ceux qui nous scrutent si précisément d’une manière aussi malveillante, sachez que nous allons (et nous avons déjà une partie du travail effectué à ce jour), réaliser une cartographie des cotes NGF de notre Commune qui démontrera très vite que toutes les habitations situées sur la Commune sont au minimum à 3 m NGF et l’immense majorité à plus de 4 m NGF.


Pour contredire encore une fois nos détracteurs, la Commune des Mathes est soucieuse de la légalité et il n’est pas question depuis la loi de juin 2008 relative aux zones humides, de construire sur des zones humides. Encore une fable !


Par ailleurs, la qualité de nos eaux de baignade est depuis des années classée A. La Commune des Mathes est soumise à un P.P.R.N. au titre de l’érosion et de la submersion marines et des feux de forêt, depuis 2003, et tous les permis sont instruits en stricte application de cette réglementation et de la loi sur l’eau.

En outre, les représentants de l’État, hauts fonctionnaires, sur l’arrondissement de Rochefort, ont coutume de dire qu’ils rencontrent deux types de difficultés majeures dans leurs missions, la première est la gestion des gens du voyage (ce qui est un standard national), et la seconde est le rejet des eaux douces de marais dans la Seudre, en raison des intérêts conflictuels entre l’agriculture et l’ostréiculture. La stratégie inconsciente de ces derniers consiste à trouver un ennemi commun : l’urbanisation, personnalisée par notre Commune et qui leur sert de bouc-émissaire.

Les petits khmers verts du marais qui nous harcèlent sans arrêt ne devraient pas avoir la possibilité de dévider des tissus de bêtises et de contre-vérités dans des organes de presse soucieux de la réalité des faits. Déjà internet suffit comme lieu de prédilection aux mensonges et aux calomnies en tout genre !!! Ils feraient mieux de s’occuper de l’entretien de leurs marais et laisser ceux qui contribuent par le sérieux de leur gestion, à mettre en valeur leur belle commune afin qu’elle génère le plus possible d’emplois si précieux dans la période difficile que nous traversons.

Le Maire des Mathes-la Palmyre et son Conseil Municipal unanimes
Je n'entrerai pas dans la polémique et je laisserai aux victimes de Pol Pot le soin de juger de l'adéquation du qualificatif de khmers verts. Je veux juste revenir sur les lotissements en zones humides.
Monsieur le Maire s'insurge contre l'accusation de lotissements en zones humides qu'il juge totalement injustifiée. Certes, il n'y a pas encore de bungalows sur pilotis, puisqu'il n'y a pratiquement plus de surfaces inondées en permanence sur la commune, mais la notion de zones humides va au delà des surfaces inondées.

Le code de l'environnement dans son arrêté de juin 2008 (Arrêté du 24 juin 2008 précisant les critères de définition et de délimitation des zones humides en application des articles L. 214-7-1 et R. 211-108 du code de l'environnement) indique qu'une zone humide est caractérisée soit par son sol, soit par sa végétation.

Voici quelques photos prises au mois d'aout du Clos de Riortaud, en attente de lotissement, situé à la jonction du marais de la Tremblade et du marais de Saint Augustin (ou tout au moins de ce qu'il en reste).

Au fond, un "massif" de roseaux



Le rose violacé des salicaires

Un beau jardin ...

A l'extrême gauche on aperçoit la tache jaune du panneau de commercialisation





Salicaires, saules, roseaux, joncs, peupliers, eupatoires .... toutes ces espèces sont caractéristiques des zones humides et figurent dans la liste en annexe de l'arrêté ci-dessus, ce qui ne semble nullement freiner les velléités d'urbanisation de cet espace.

Tous les détails du lotissement ici.